FETE DES VERTS 13

EBAUCHE D’UN DEBAT AVEC LES VERTS de France sur un projet de partenariat de type nouveau entre l’Afrique et l’Europe

Marseille – 30 Septembre – 1 Octobre 2006

Thème : Afrique sub-Saharienne : Voies et moyens de rompre avec la mondialisation

Par Sanou MBAYE

Introduction

L’écologie politique doit forcément s’adresser aux rapports Nord-Sud et cette fête des Verts va nous donner l’occasion de situer le débat sur la forme que pourraient revêtir de tels rapports dans un cadre Europe/Afrique sub-Saharienne. Cette approche est d’autant plus nécessaire que les gouvernements européens, qu’ils soient de droite, de gauche ou du centre, ont adopté, de tout temps, la même politique africaine. Cette politique est fondée sur l’assomption que certains de ces pays détiennent des droits exclusifs sur les pays de cette région. Les siècles de luttes qu’ont mené les pays d’Afrique noire pour s’affranchir du colonialisme, se débarrasser de l’apartheid et obtenir leur indépendance n’entamèrent pas cette croyance validée par des dirigeants et une élite qu’ils forment, promeuvent et protégent pour mieux en faire leurs collaborateurs et leurs intermédiaires.

D’un autre côté coté, si les pays industrialisés n’ont été confrontés aux méfaits de ce que les Verts de France définissent comme « une mondialisation vers une globalisation totalisante d’où l’homme est étranger et la planète menacée » que depuis le début des années 1980, pour l’Afrique sub-Saharienne, cette confrontation remonte à plusieurs siècles. En fait, l’Afrique était même plus intégrée au marché mondial durant la période coloniale qu’elle ne l’est présentement. En effet, à l’ère des expansions impériales, les pays africains étaient groupés en fédérations, relais d’un commerce mondial dans lequel elles n’étaient sujettes à aucune restriction : le travail forcé étant synonyme de déportation massive vers l’occident et non de stigmatisation de l’émigration comme aujourd’hui, de même que les échanges commerciaux et les flux financiers ne souffraient d’aucun obstacle pour une exploitation optimale des colonies.

Voies et moyens de rompre avec la mondialisation

Durant toute la phase préliminaire de leur développement, les Etats-Unis, les Etats membres de l’Union européenne et les pays d’Asie de l’Est ont tous réglementé les investissements étrangers et mis en place des systèmes de contrôle des mouvements de capitaux. Les partenariats avec les entreprises étrangères ont été élaborés pour favoriser les transferts de technologies et la formation. Au 19ème siècle, les Etats-Unis allèrent jusqu’à interdire aux entreprises qui s’installaient sur le sol américain de recourir à des expatriés, mais de former sur place le personnel dont elles avaient besoin.

Ces mêmes pays ont subventionné leurs industries et leurs agriculteurs faussant les règles du commerce international, du développent des pays pauvres et d’une redistribution équitable des richesses du monde. Ils continuent de recourir aux mêmes méthodes chaque fois que leurs intérêts nationaux sont en jeu, pratiques à l’origine de l’échec des négociations commerciales de Doha sous les hospices de l’OMC. Cet échec, combiné à l’envolée des cours du pétrole et à celle des cours des métaux devrait constituer une opportunité historique pour l’Afrique de rompre avec les conséquences destructrices de la mondialisation : i.e. les privatisations, ou plus précisément la liquidation des actifs publics, la dérégulation du mouvement des capitaux, la suppression des subventions, l’austérité budgétaire, les taux d’intérêt élevés, la demande restreinte à la consommation de biens importés, l’absence d’investissements productifs. Une stratégie qui a fini par transformer l’Afrique en « continent ghetto » servant d’aires de décharge pour les produits agricoles lourdement subventionnés et les produits manufacturés obsolètes et surfacturés des pays occidentaux et les déchets toxiques comme ce fut le cas récemment en Côte-d’Ivoire.

Autres conséquences désastreuses de ces politiques: un endettement colossal, une fuite massive des capitaux et des cerveaux et une pauvreté abjecte que les mêmes institutions de Bretton Woods (le FMI et la Banque mondiale) ont transformée en « industrie » avec leur programme de réduction de cette pauvreté qu’elles ont elles-mêmes généré. La lutte contre la pauvreté par des programmes additionnels de prêts est un subterfuge. C’est en s’attaquant aux dysfonctionnements des structures de production, de commercialisation et de répartition inégale des richesses du monde que l’on pourra venir à bout de la pauvreté qu’ils génèrent.

Pour décrocher de la division internationale du travail qui confine les pays africains au rôle de « consommer ce qu’ils ne produisent pas et de produire ce qu’ils ne consomment pas », ces pays se doivent de s’embarquer dans un processus de renouveau idéologique, d’une conception révisée de l’exercice du pouvoir, d’une nouvelle stratégie de développement, d’une mobilisation des ressources internes pour financer leur rupture d’avec le libéralisme débridé et biaisé de la mondialisation, de réformes sociales et institutionnelles et de la résolution des litiges en suspens comme ceux relatifs à la dette, aux liquidations des actifs publiques, au maintien de la zone franc dans les anciennes colonies françaises, à l’indemnisation des anciens combattants et aux réparations.

Renouveau idéologique

Un renouveau du pan-Africanisme comme idéologie et vecteur d’identification et d’unification de l’Afrique et de ses peuples passe par l’éducation des masses pour susciter l’émergence d’un esprit communautaire fondé sur la compréhension des coûts et bénéfices d’une coopération et d’une intégration nécessitant un abandon partiel ou total des souverainetés nationales au profit des autorités régionales chaque fois que des solutions régionales sont requises pour résoudre des problèmes spécifiques. C’est le cas quand il s’agit de la nécessité de donner une priorité absolue à la création d’une zone de libre échange et d’un marché commun pour faire du commerce intra régional le premier levier de croissance économique pour le développement de la région. Il existe une corrélation entre les exportations intra-régionales et les exportations extra-régionales. Plus le volume des premières est supérieur aux secondes, plus la prospérité des pays qui composent une région est grande.

Une conception révisée de l’exercice du pouvoir

Parmi les causes réelles des problèmes que connaissent depuis des siècles les populations africaines figurent, au premier plan, une conception erronée de l’exercice du pouvoir profondément enracinée dans nos us et coutumes. La preuve est faite que pour une grande majorité de dirigeants africains, le seul objectif qui vaille est l’enrichissement personnel en tant qu’intermédiaires et collaborateurs du capitalisme international. D’où la nécessité de l’émergence:

  • d’une nouvelle race de dirigeants pour qui l’exercice du pouvoir serait un sacerdoce ayant pour finalité le progrès, la prospérité, la sécurité et la justice sociale ;
  • d’une volonté politique réelle pour une intégration économique et politique devant mener à terme à une fédération des pays de la région, seul remède à la fragmentation et au dépeçage de l’Afrique intervenus le 26 février 1885 à la conférence de Berlin dans ce que le roi des belges, Léopold II, désignait par le « partage du gâteau africain ».

Une nouvelle stratégie de développement

Toute nouvelle stratégie de développement devrait reposer sur les axes suivants :

  • une volonté de faire front au marché en réglementant les investissements étrangers, en exigeant des entreprises étrangères l’élaboration de partenariats qui favorisent la formation et les transferts de technologies afin d’ajouter de la valeur à la production locale, et créer ainsi pour les producteurs locaux, les conditions requises pour faire face à la concurrence ;
  • La mise en place de mesures de contrôle des mouvements de capitaux pour contrecarrer la fuite massive des capitaux. Selon l’Agence des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), chaque dollar qui entre dans la région génère en contrepartie une fuite des capitaux équivalente à 1,06 dollar dont 80 cents sont engendrés à partir des dettes contractées par les pays de la région. Rien d’étonnant donc à ce que les pays les plus pauvres du monde soient devenus des créditeurs nets par rapport au reste du monde, dès l’instant que le montant des capitaux détenus à l’étranger par les différents acteurs opérant en Afrique, dépasse le montant total des dettes accumulées par les pays concernés. Cela pose, au plan légal, le problème de la qualification de ces dettes considérées comme publiques alors qu’elles ont profité, en réalité, à des personnes morales et physiques et non aux masses africaines qu’elles ont contribué à saigner à mort. A qui donc, des populations africaines ou des vrais détenteurs des capitaux leur remboursement doit-il échoir ?
  • Des politiques de subventions et de soutien pour les secteurs clefs de l’éducation, de la santé, de la production vivrière, de l’industrie, de l’habitat, de la recherche et du développement ;
  • Un appui au commerce régional, à l’exportation et aux petites et moyennes entreprises pour créer une classe moyenne locale, vecteur essentiel de tout processus de développement;

La mobilisation des ressources internes

Il importe de rappeler que l’Afrique dispose de 8% des réserves mondiales pétrolières connues. Les Etats-Unis à eux seuls importent d’Afrique de l’Ouest 1,5 million de barils/jour, soit autant que d’Arabie saoudite. Selon le département américain de l’Energie, au cours de cette décennie, les importations américaines de pétrole d’Afrique atteindront 770 millions de barils/an. En conséquence de quoi, les producteurs de pétrole de l’Afrique occidentale engrangeront des projections de revenus estimées à 600 milliards de dollars au prix actuel du baril qui se situe à plus de 60 dollars – et probablement de manière durable en raison de la forte demande provenant du Japon, de la Chine et de l’Inde – et des incertitudes qui pèsent sur le Moyen Orient. A cette manne, il convient d’ajouter les recettes d’exportation provenant des autres acheteurs du pétrole africain et celles engrangées à partir des autres transactions relatives à d’autres matières premières tel que, par exemple, le cobalt, le nickel et le cuivre dont les cours sont également en ascendance marquée.

D’où l’intérêt d’une « Confédération panafricaine pour la gestion des matières premières », bâtie sur le modèle de l’OPEP et dont le pétrole constituerait la principale composante. Cet organisme poursuivrait trois objectifs. Le premier objectif contribuerait à réguler les cours des matières premières qui n’ont cessé de faire l’objet de spéculation à la baisse tout au long de ces quatre dernières décennies. Le second objectif consisterait à rompre avec le néo-libéralisme prôné par les institutions de Bretton Woods et la coopération paternaliste affichée par les Occidentaux à l’égard de l’Afrique à seule fin de maintenir les pays du Continent sous domination « ad vitam aeternam ». Le troisième objectif serait de pourvoir l’Union Africaine (UA) et ses pays membres des ressources nécessaires pour construire leur unité économique, politique et monétaire, une entreprise coûteuse de longue haleine.

Du reste, une telle approche va dans le sens des tendances du temps dont l’objet est de mettre fin aux politiques d’exploration-production des pays occidentaux qui sont synonymes de pillage pur et simple. Au Venezuela, le président Hugo Chavez s’est réapproprié les richesses énergétiques de son pays pour mettre en place des politiques économiques novatrices et audacieuses au service des intérêts de son pays. Il a fait adhérer son pays au Mercosur qui regroupe l’Argentine, le Brésil, le Chili, l’Uruguay et le Paraguay. Mieux, il a fait sienne la vision de Simón Bolívar pour la création d’une confédération panaméricaine. Faisant du pétrole l’instrument de sa révolution bolivarienne, Hugo Chavez contribue à alléger la dette de ses voisins, à forger une alliance énergétique avec eux, à proposer un rapprochement stratégique aux pays andins et à contribuer à alléger l’embargo auquel les Etats-Unis soumettent Cuba depuis près d’un demi siècle. Chavez est également devenu le rassembleur de tous les pays qui s’opposent aux visées néo-impériales des Etats-Unis et de ses divers alliés.

Evo Moralès, le nouveau président élu de Bolivie a nationalisé le secteur des hydrocarbures de son pays pour le bénéfice de ses administrés, en tout premier lieu les pauvres et les paysans sans terre. Dans le même élan de rupture avec les oligarchies latino-américaines et l’administration américaine la gauche l’a emporté au Brésil, en Uruguay, en Argentine et au Chili. Au Mexique, le peuple occupe la rue pour empêcher que les magouilles américaines et l’Institut fédéral électoral mexicain ne fassent élire M. Felipe CalderÓn, du Parti de droite d’action nationale en lieu et place de leur candidat, M. Andrés Manuel LÓpez Obrador, du Parti de gauche de la révolution démocratique, dans un scénario similaire à ce que la cour suprême des Etats-Unis a fait à Al Gore au profit de Georges Bush.

Vladimir Poutine use des sources d’énergie de la Russie comme outil politique et arme économique pour ressusciter le statut de grande puissance de son pays. L’Iran a financé sa révolution avec l’argent de son pétrole et, depuis l’invasion de l’Irak par les forces américaines et britanniques, ce pays est devenu une puissance incontournable dans la géopolitique du Moyen Orient, n’en déplaisent aux Etats-Unis et à ses alliés européens et israéliens.

De même, la création, par l’entremise de l’UA, d’une « Confédération pan-Africaine pour la gestion des matières premières » qui travaillerait de concert avec les pays membres et les organisations régionales, donnerait à l’Afrique les moyens de s’affranchir de l’étau mortel dans lequel l’Occident l’a enfermé depuis plus d’un demi millénaire.

Réformes sociales et institutionnelles

Au plan social, l’Afrique a besoin de s’engager dans un processus de révolution socio-culturelle visant à une décolonisation radicale des attitudes et des mentalités des citoyens africains, particulièrement au niveau des dirigeants et des élites, pour passer de la soumission à la résistance. Cette mutation est vitale au pan-Africanisme s’il veut se renouveler.

Au niveau national, la priorité est à la réforme et à la modernisation des administrations, à la consolidation des processus démocratiques, à la lutte contre la corruption et à la gravure de l’idéal pan-Africain dans les tissus sociaux, les programmes éducatifs et les mentalités.

Résolution des litiges en suspens

Des siècles d’exploitation et d’abus ont laissé de nombreux contentieux pendants.

C’est ainsi que :

  • L’UA doit commissionner un audit et un avis juridique à des cabinets internationaux. Cet exercice aurait deux objectifs. Le premier objectif serait de déterminer le montant réel de la dette. Cette nécessité s’impose quand on se rend compte que les pays africains n’ont pas la moindre idée de l’encours de leurs dettes et se contentent des chiffres avancés par leurs créditeurs. Le second objectif serait de statuer sur le bien-fondé des prêts contractées auprès du FMI et de la Banque mondiale qui n’ont été ni économiquement justifiés, ni financièrement viables. Ainsi, le refus d’honorer les dettes injustifiées qu’ils ont fait contracter à l’Afrique serait conforme à la logique économique et à la loi internationale. Au demeurant, les accords de prêt prévoient une clause d’arbitrage en cas de litige. Celle-ci doit être invoquée par l’UA au nom de ses états membres en vue de faire inscrire la question à l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nations Unies dans le but d’obtenir le gel des remboursements pendant le déroulement des procédures d’arbitrage. Il est opportun de rappeler à ce propos un précédent jurisprudentiel. A la fin du 19ème siècle, suite à la guerre hispano-américaine qui a débouché sur la saisie de l’île de Cuba par les Etats-Unis, ces derniers ont cru devoir s’affranchir des dettes alors dues par Cuba à l’Espagne, aux motifs que celles-ci, loin d’avoir été contractées dans l’intérêt du peuple cubain, n’ont, en réalité, servi qu’à financer son oppression par le gouvernement colonial espagnol ;
  • L’UA doit encourager ses Etats membres à renégocier les contrats d’exploration-exploitation synonymes de pillage de nos ressources énergétiques et de désastres écologiques, et à promulguer des lois permettant de faire recapitaliser les sociétés publiques bradées aux firmes privées étrangères. Les actions à émettre relatives à ces augmentations de capital doivent être réservées aux investisseurs nationaux pour favoriser le retour des capitaux exilés et encourager l’esprit d’entreprise. Une option à ne pas exclure consisterait à re-nationaliser purement et simplement nos actifs publiques subtilisés, particulièrement dans le secteur financier où les institutions de crédit jouent plus le rôle d’officines usuraires et de conduit de fuite massive des capitaux que de banques. Ceci est particulièrement vrai dans les pays de la zone franc à travers le dispositif monétaire que représente le franc CFA (Communauté franco-africaine) crée en 1948. Le simple fait de garantir, à son profit, une convertibilité «limitée» à cette monnaie dans toutes ses transactions commerciales et financières avec les pays membres de la zone franc permet à la France de s’accaparer de 65 % des réserves de change de ces pays. Les banques centrales (BCEAO & BEAC), dans la gestion desquelles la France jouit d’un droit de veto, représentent les relais africains du Trésor français qui constitue le socle des politiques de développement des pays membres de la zone. Ce dispositif permet à l’Hexagone de contrôler les leviers de tous les pouvoirs en place.
  • Le maintien du franc CFA se justifiait tant que les colonies françaises étaient groupées en deux fédérations à la tête desquelles officiaient deux gouverneurs tout-puissants. A leurs indépendances, quand les pays concernés ont érigé des barrières douanières entre eux et mis fin à leur unité politique, économique et monétaire, le maintien du franc CFA ne représentait plus qu’un montage artificiel qui obéissait à la politique et non à l’économie et à la finance. Les échanges commerciaux entre ces pays, déjà fragilisés à l’extrême, vont subir les effets négatifs des mesures de contrôle de change mis en place en 1993 sous l’instigation de la France, pour canaliser les sorties de capitaux uniquement à destination de l’Hexagone. Et pour réduire les coûts jugés trop élevés par les autorités françaises de cette exploitation institutionnalisée, le franc CFA est massivement dévalué de 100% en 1994 bien qu’auparavant, la France ne consacrait pourtant que 1,26% de sa masse monétaire pour maintenir un dispositif qui lui procurait nombre d’avantages : approvisionnement peu onéreux en matière première, destination favorite des capitaux en exil, influence politique indéniable, bases militaires de première importance stratégique, etc.
  • La seule raison du maintien de la zone franc réside dans la connivence qui existe entre la France et les élites qui gouvernent ses anciennes colonies à seule fin de piller les états de la zone franc. L’urgence d’abroger le franc CFA est une condition préalable à tout espoir d’arrêter le cycle infernal de dislocation sociale et de flambées de violence qui caractérisent la vie dans les pays de la zone franc, à l’instar de ce qui se passe en Côte-d’Ivoire. Si la francophonie, à l’instar du Commonwealth, est un forum adéquat de débats pour des partenaires que lie l’histoire, la zone franc est, en revanche, une relique coloniale dont il est impératif de se défaire pour que la phase de reconstruction et de développement, qui aurait dû commencer au début des années 1960, puisse enfin démarrer dans les anciennes colonie françaises.
  • L’UA se doit également de se saisir du dossier des anciens combattants africains. Le Conseil d’Etat français a statué que tous les vétérans, qu’ils soient ressortissants français ou citoyens d’une ancienne colonie, ont les mêmes droits et doivent donc recevoir une pension d’un montant équivalent. L’alignement des pensions devait ainsi s’élever à environ 350 millions d’euros par an. Au lieu de cela, Mr Laurent Fabius, ministre socialiste de l’économie et des finances du gouvernement français d’alors décida que l’alignement des pensions africaines sur celles de la France viendrait perturber les économies des pays africains et s’abstint d’exécuter le jugement rendu par le Conseil d’Etat ;
  • L’UA doit aussi apporter son soutien politique aux mouvements de revendication de la réparation due aux peuples noirs pour les siècles d’esclavage et de travaux forcés auxquels l’Occident les a soumis. Sur cette question, l’ardeur des mêmes pays occidentaux à payer des réparations au peuple juif pour les exactions de l’holocauste n’a d’égale que leur refus catégorique de dédommager les Noirs des horreurs de l’esclavage, et des travaux forcés qu’ils leur ont fait subir des siècles durant et qui ont contribué, en grande partie, à façonner la prospérité dont ils jouissent.

Conclusion

L’Afrique ne peut continuer à laisser l’Occident piller ses ressources sans bourse délier, y fomenter des désordres et s’en servir comme prétexte pour justifier le déploiement de ses forces militaires dans la région afin de perpétuer, en toute impunité, une politique d’occupation qui date déjà de plusieurs siècles en dépit des illusions d’indépendance politique nées il y a plus de quatre décennies.

Les pays du continent se doivent de divorcer d’avec le diktat des marchés pour rejoindre le camp de la résistance au capitalisme sauvage et belliqueux de la mondialisation et de ses adeptes, au premier rang desquels se trouvent les Etats-Unis. C’est au sein de l’UA, que les pays d’Afrique, groupés et solidaires, peuvent relever ce défi pour privilégier une politique de régionalisation devant mener à l’unification des pays du continent et à la naissance d’une fédération des Etats sub-Sahariens, seule garante de leur indépendance et de leur capacité de peser sur les décisions du monde et non de les subir.

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