En ce Nouvel An, bien des migrants auront une pensée pour leurs familles restées au pays. 200 millions de personnes, qu’elles aient émigré pour des raisons économiques, politiques, familiales ou climatiques, vivent loin de leur pays natal et l’on sait les vastes sommes qu’elles envoient chez eux tout au long de l’année, évaluées à 340 milliards de $ – la majeure partie étant destinée aux pays en voie de développement. La totalité de ces « rentrées » dépasse même et de loin l’aide des pays riches et, en ce qui concerne les états africains au sud du Sahara, elles constituent pour certains plus de 10% de leur PIB.

Cependant nombre de ces aides échappent aux statistiques, confiée à des parents, amis qui retournent au bled, à des chauffeurs de bus faisant le voyage, également maintenant par des transferts sur internet ou par l’intermédiaire d’officines plutôt gourmandes en commissions (jusqu’à 20%). C’est pourquoi un banquier sénégalais de 64 ans, Sanou Mbaye, s’est mis en tête de créer une banque « diaspora », qui assurerait la totalité de ces transferts vers l’Afrique.

Formé dans une école de commerce de Dijon, expert en matière de finances internationales, marié à une pédiatre et père de 6 enfants, il entend se servir d’un parcours personnel réussi et de ses relations pour réunir un tour de table susceptible d’investir dans le projet. Pour M’Baye, que l’aide des migrants serve à financer dans les familles l’achat de semences, de charbon de bois pour la cuisine, de livres scolaires ou de médicaments est une bonne chose évidemment. Mais à disposer de la totalité de l’argent, on pourrait l’utiliser aussi pour des investissements d’infrastructure , routes, usines, centrales électriques, dont l’Afrique a grand besoin. La banque serait installée en France et aurait pour principe de fonctionner sans commission, profitant de produits financiers à créer. M.Baye n’a pas que des amis, il a dénoncé la dépendance du Franc Cfa « administré par Paris », le pillage des richesses par les pays industrialisés et la corruption de politiciens locaux.

Robert Fiess

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