Sans détour une Emission animée par Fréderick Moukoko

Invités : Alain Deneault co-auteur de « Noir Canada » et Sanou Mbaye auteur de « l’Afrique au secours de l’Afrique »

La mauvaise gouvernance en Afrique est une cause structurelle de la pauvreté qu’il convient de ne pas occulter. La corruption des dirigeants et des élites, leur refus d’élaborer des cadres juridique et économique favorables à leurs populations, favorise la fuite des capitaux. Des sommes énormes s’évadent du continent pour alimenter des paradis fiscaux. La jeunesse africaine s’en trouve désemparée, martelée par le discours misérabiliste des commentateurs de tous bords, prétendus experts des questions africaines. Les images de violence extrême diffusées par les médias du monde entier ne la poussent pas non plus à l’optimisme.

Il convient cependant de souligner, qu’en dépit de toutes ses faiblesses, l’Afrique a été, en 2009, le troisième moteur de la croissance mondiale derrière la Chine et l’Inde.

Les finances publiques ont enregistré un excédent de 2,8% du PIB en 2008 contre un déficit de 1,4% entre 2000 et 2005. Depuis 2000, les taux de croissance économique ont été en moyenne de 5-7%. Mieux, parmi les dynamiques de cette croissance figurent en bonne place les transferts de travailleurs émigrés et une dynamisation du commerce intra régional, particulièrement en matière de denrées alimentaires, suite aux pressions populaires qui ont provoqué des émeutes de la faim dans bon nombre des pays de la région.

Pour fructifier ces acquis et en faire bénéficier les masses, il reste à la jeunesse africaine, comme le lui a sagement conseillé le président américain Barak Obama lors de sa visite au Ghana, d’exiger de leurs dirigeants qu’ils gouvernent avec compétence et honnêteté, même si ce chemin audacieux peut prendre les allures d’une révolution.

Share