Cet entretien a porté sur le Plan Sénégal Emergent (Pse) et la procédure en cours de recouvrement des biens mal acquis. S’agissant du Pse, il importait de définir de prime abord ce qu’impliquait l’émergence du Sénégal, c’est-à-dire la capacité du pays à s’industrialiser. Le Pse a établi un diagnostic des obstacles à surmonter pour atteindre cet objectif. Parmi ceux-ci figurent un déficit budgétaire excessif qui rend le pays otage des politiques d’austérité du Fonds monétaire international (Fmi) et de la Banque mondiale ; une urbanisation galopante centrée sur la presqu’île du Cap-Vert et qui nécessite la mise en place de pôles de développement régionaux. Le Sénégal a besoin d’une deuxième capitale pour désengorger Dakar.

Le Pse a toutefois omis de ranger parmi ces obstacles les conséquences néfastes des politiques monétaires liées au franc CFA, à l’ostracisme dont sont assujettis les investissements des capitaux asiatiques, notamment chinois dans les pays de la zone franc, et à l’absence d’un élan de patriotisme économique ayant pour credo : « consommer d’abord sénégalais » afin de réduire la dépendance du pays aux importations de biens manufacturés et aux exportations de produits de base.

D’autre part, les difficultés liées à l’identification et au rapatriement des capitaux exilés dans les paradis fiscaux rendent aléatoire la possibilité d’user du recouvrement des biens dits mal acquis pour financer une partie du Pse. La diaspora sénégalaise et le secteur privé local sont les sources de financement qu’il convient de mobiliser dans le volet partenariat public-privé du Pse.

Sanou Mbaye dans l’Entretien du 26 Janvier 2015 avec Sada Kane – 2sTV

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