
Cependant nombre de ces aides échappent aux statistiques, confiée à des parents, amis qui retournent au bled, à des chauffeurs de bus faisant le voyage, également maintenant par des transferts sur internet ou par l’intermédiaire d’officines plutôt gourmandes en commissions (jusqu’à 20%). C’est pourquoi un banquier sénégalais de 64 ans, Sanou Mbaye, s’est mis en tête de créer une banque « diaspora », qui assurerait la totalité de ces transferts vers l’Afrique.
Formé dans une école de commerce de Dijon, expert en matière de finances internationales, marié à une pédiatre et père de 6 enfants, il entend se servir d’un parcours personnel réussi et de ses relations pour réunir un tour de table susceptible d’investir dans le projet. Pour M’Baye, que l’aide des migrants serve à financer dans les familles l’achat de semences, de charbon de bois pour la cuisine, de livres scolaires ou de médicaments est une bonne chose évidemment. Mais à disposer de la totalité de l’argent, on pourrait l’utiliser aussi pour des investissements d’infrastructure , routes, usines, centrales électriques, dont l’Afrique a grand besoin. La banque serait installée en France et aurait pour principe de fonctionner sans commission, profitant de produits financiers à créer. M.Baye n’a pas que des amis, il a dénoncé la dépendance du Franc Cfa « administré par Paris », le pillage des richesses par les pays industrialisés et la corruption de politiciens locaux.
Robert Fiess
